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Auteur, entre autres, du concerto Les Quatre Saisons, Antonio Vivaldi est né à Venise. Et c'est précisément à Venise qu'arrivait l'édition 2002 du Liège-Rome-Liege. Après avoir vécu et interprété les quatre saisons...
Bâtie sur un groupe d'îlots, au milieu de la lagune qui porte son nom, Venise est certainement l'une des villes les plus captivantes du monde et a vu naître ou éclore certaines des personnalités les plus intéressantes du monde. Nous ne vous ferons cependant pas l'injure de vous donner un cours d'histoire sur Venise, ni de vous faire subir un aperçu touristique de ses multiples facettes.
Dans le cas qui nous occupe, soit l'édition 2002 du rallye historique de régularité Liège-Rome-Liège, Venise était tout simplement le site choisi par les organisateurs pour juger l'arrivée de leur épreuve. Et la référence au concerto de Vivaldi, c'est tout simplement parce que les participants au «roi des rallyes» ont, en quelques jours et à la fin du mois de juin, rencontré sur leur route toutes les conditions climatiques habituelles d'une année complète: la chaleur et le froid, le ciel bleu et les orages violents, le vent, la pluie, le brouillard, la grêle, la neige, etc. Et le soleil également...
SOURIRE AUX LEVRES
Si le soleil retrouvait en effet de temps en temps ses droits pour le plus grand plaisir des nombreux équipages en décapotable, la pluie jouait régulièrement à cache-cache tout au long d'un parcours aussi spectaculaire qu'exigeant pour les équipages et leur mécanique. La tâche se compliquait un peu plus encore au fil des kilomètres lorsque le soleil laissa progressivement la place aux orages qui se déchirèrent littéralement durant la seconde moitié de l'épreuve. Dans ces conditions climatiques particulièrement délicates, la tête dans le brouillard et les pieds dans l'eau, les «belles demoiselles» démontrèrent cependant leur caractère. Au fil des jours, elles réclamèrent cependant de plus en plus d'attention.
Et pourtant, c'est le sourire aux lèvres que les concurrents terminaient ce rallye, à l'image de Paloma Picasso, I'équipière d'Eric Thévenet au volant d'une Porsche 356 C. «Quel beau rallye! Difficile, surtout lorsque la pluie redoublait. J'ai voulu essuyer le pare-brise, car on n'y voyait rien. C'était inutile, tant la visibilité au-dehors était réduite!»
LA PRUDENCE S'IMPOSE
Si conduire une voiture qui accuse entre 40 et 80 ans d'âge réclame déjà une concentration certaine dans quelques domaines comme, plus particulièrement, le freinage, lorsque l'adhérence devient précaire parce que la chaussée est détrempée, il convient d'être très, très prudent. Plus d'un équipage participant à ce Liège-Rome-Liège 2002 I'a appris à ses dépens. La «casse» s'est limitée fort heureusement à des dégâts matériels, mais cela fait un peu mal aux tripes de découvrir une vieille «dame» avec un train avant ouvert, une aile enfoncée ou une calandre écrasée.
Dans un rallye de régularité pour voitures anciennes, ce n'est jamais la vitesse qui importe: les moyennes à respecter sont comprises entre 30 et 50 km/h. Il n'empêche qu'il faut parfois soutenir une bonne allure sur des routes tortueuses et pentues, situations dans lesquelles, lorsqu'il pleut, on mesure à quel point les voitures modernes ont progressé en motricité et en tenue de route. Et ne parlons pas de l'évolution des pneumatiques, des essuie-glace, du désembuage: c'est à se demander comment nos parents ou nos grands-parents osaient parfois circuler à leur époque (pas si lointaine en regard de l'histoire de l'humanité), même si certains développements actuels semblent trop poussés, trop pointus...
Depuis 1931, tous ceux qui ont pris un jour le départ du Liège-Rome-liège ont ressenti des grands moments d'intense émotion. Le « Liège » a réussi durant près de 40 ans le pari impossible de faire traverser l'Europe à des équipages assoiffés d'aventure. Parmi les spectateurs de l'époque, plus d'un jeune a certainement rêvé d'être, un jour au volant d'un de ces bolides. Rêve devenu réalité pour certains. Pour participer au plus beau rallye historique du monde, certains équipages seront venus des Etats-Unis, de Hong-Kong, de Singapour et même d'Australie pour vivre ce rêve jalonné d'épreuves dans l'épreuve.
Ce n'est pas le moindre défi pour ces passionnés qui ont choisi de donner une nouvelle vie aux plus prestigieux modèles construits par Bentley, Aston Martin, Jaguar et autres Ferrari ou Porsche. Cette édition 2002 fut également l'occasion pour les nombreux spectateurs croisés dans les petits villages belges, luxembourgeois, français, allemands, suisses et italiens d'admirer une quarantaine de modèles construits avant-guerre, mais également pour les concurrents venus de l'autre bout du monde de faire connaissance avec nos routes européennes. Ce n'est pas pour rien que la presse américaine n'a pas hésité à qualifier le Liège-Rome-Liège de plus beau rallye historique au monde.
MARATHON DE LA ROUTE
Une automobile étant par définition fabriquée pour se déplacer il est cependant heureux que de tels rallyes de régularité aient encore lieu, car ils permettent de voir ou de revoir en action quelques très beaux et très rares spécimens de l'histoire de l'automobile. Plus que d'autres et plus que les années précédentes, en 2002, le Liège-Rome-Liège a mis en scène une pléiade d'automobiles assez exceptionnelles. Certes, elles ne sont plus toutes dans un état strictement d'origine, le règlement tolérant quelques adaptations liées, notamment, à la sécurité des équipages (il faudrait se montrer peut-être un «poil» plus sévère sur cette notion!), mais les conditions de circulation d'aujourd'hui ne sont plus vraiment les mêmes qu'à l'époque...
Considéré dans le temps comme un véritable marathon de la route (nom qui fut d'ailleurs repris lorsque l'épreuve fut organisée sur le circuit du Nurburgring), le Liège-Rome-Liège actuel l'est encore et toujours pour ces voitures d'un autre âge, même s'il est hors de question aujourd'hui de reproduire tel quel ce qui se faisait dans les années trente et cinquante. Le parcours de cette année était en même temps l'un des plus beaux et l'un des plus «durs» parmi les dernières éditions historiques, plus particulièrement entre Livigno et Cortina d'Ampezzo via Madonna di Campiglio. Les cols de Mortirolo, de Vivione, de Croce Domini, de Duron, de Montagne, de Duran, de Brocon, de Giau, de Pura et de Sopra laisseront, notamment, des souvenirs inoubliables à plus d'un équipage, surtout sous la pluie ou dans le brouillard: il fallait avoir des nerfs bien accrochés et une confiance totale entre équipiers...
Le parcours concocté par les organisateurs pour aller de Liège à Venise se voulait en tout cas aussi sélectif que grandiose. Si les pilotes eurent tout le loisir de soigner leur condition physique en enchaînant virages et épingles, la tâche de leur équipier n'en était pas simplifiée pour autant. Un bon copilote n'était pas seulement celui qui déchiffrait le mieux le road-book, encore devait-il gérer le calcul du temps dans les épreuves de régularité ou la... consommation. Certains n'ont pas pu éviter la panne sèche!
MÉDAILLES EN CHOCOLAT
Si le Liège-Rome-Liège historique jouit d'une réputation internationale enviable et enviée, ce n'est pas seulement à la sélectivité et à la beauté de son parcours qu'il la doit, ni à la valeur du plateau des engagés, c'est surtout à la qualité de son organisation, au dévouement de toutes ses équipes et à la convivialité qui règne à tous les moments de la journée. Au Liège-Rome-Liège, au-delà de l'esprit de compétition inéluctable dans toute compétition automobile, c'est en effet avant tout la convivialité entre gentlemen drivers qui règne en maître. Les moins heureux d'un jour ne manqueront pas de trouver le soir l'aide mécanique indispensable pour repartir le lendemain pour de nouvelles aventures. Car, même si tous les équipages se prennent au jeu et tentent de réaliser le meilleur résultat possible, I'aspect purement sportif de la chose n'est que secondaire. La victoire au classement général ou dans les différentes catégories ne se solde pas par un gros chèque comme en formule 1, mais par ce que certains appellent une «médaille en chocolat», qui possède une grande valeur symbolique.
Déjà vainqueurs en 2000, les époux Schrauwen se sont imposés en 2002 avec leur BMW 328, mais du premier au dernier tous ont le mérite d'avoir participé et d'avoir osé se lancer dans l'aventure. Le vainqueur ne tarissait pas d'éloges sur cette édition 2002: «Le parcours était magnifique et la compétition fut rendue plus difficile encore à cause de la pluie. C'est là que nous avons réussi à nous ménager un avantage suffisant. Durant ces 5 jours, nous avons vraiment découvert de petites routes fantastiques. »
Un sentiment que partageaient tous les autres concurrents, à commencer par Warren Kennedy et Douglas Burton, qui ont réussi le pari impossible d'amener à Venise leur Talbot 4CY de 1916. L'édition 2002 du Liège- Rome-Liège sera certainement à graver en lettres d'or dans les albums de souvenirs de tous les concurrents qui ont pris le départ et ont presque tous rallié l'arrivée.
RETOUR À ROME
Pour sa prochaine édition, les organisateurs du rallye historique de régularité Liège-Rome-Liège annoncent quelques profondes modifications par rapport aux deux années précédentes. Placé sous le thème « Le roi des rallyes, le rallye des rois», le «Liège» renouera, en 2003, avec la tradition en partant de Liège et en arrivant à Rome. Le parcours sera complètement différent, empruntant un nouveau tracé passant, entre autres, par la région du lac de Côme, Portofino et la Toscane. Les concurrents partiront de Liège le samedi 21 juin pour rejoindre Rome le mercredi 25 juin 2003.
Les demandes d'engagement peuvent être obtenues dès maintenant à l'adresse suivante: Motor Union Classic Race a.s.b.l. (MUCR), boulevard d'Avroy, 254, 4000 Liège, téléphone 04/254.19.50, fax 04/254.25.40 et e-mail contact@motorclassic.com.
Tous les détails sur cette édition 2003 du Liège-Rome-Liège, « Le roi des rallyes, le rallye des rois», sont également disponibles sur le site Internet www.motorclassic.com/liege.
Etienne VISART
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