LE MONITEUR AUTOMOBILE
29 Avril 2004
Pages 131 à 133
Article: Etienne VISART
Photos: André Van BEVER.

La route des Alpes

En juin 2004, le rallye de régularité Liège-Rome-Liège franchira pour la première fois le point culminant de la grande route des Alpes, le col de la Bonette (2.802 m), mais, au cours de sa longue histoire, cette épreuve aura atteint le sommet de bien d'autres cols.

Pour choisir l'itinéraire qu'emprunteront les participants de l'édition historique de l'un des plus grands rallyes automobiles du siècle dernier, le Liège-Rome-Liège, la devise d'Alain Defalle et de son équipe est que le présent respecte le passé. Ainsi, du dimanche 20 au samedi 26 juin 2004, depuis Spa jusqu'au centre de Rome, le parcours suivra une fois encore certaines routes d'antan. Les régions des Ardennes, des Vosges, du Jura, des Alpes, du Val D'Aoste et de la Toscane accueilleront cette épopée moderne pour voitures anciennes et dévoileront leurs paysages les plus fabuleux. Entre hier et aujourd'hui, une grande différence: les routes sont désormais... asphaltées comme en témoignent les surperbes documents d'époque dus au talent du toujours fringant André Van Bever...

La route du tour

Nous reviendrons plus tard sur la description complète de l'itinéraire retenu pour cette édition 2004, dans notre numéro du 10 juin très précisément, nous attardant aujourd'hui uniquement sur la déjà fameuse étape du mardi 22 juin, celle reliant Aix-les-Bains à Isola 2000, la route des Alpes. On pourrait d'ailleurs aussi bien la baptiser la route du tour: les fanatiques de la petite reine reconnaîtront en effet les noms des cols que franchiront les participants du Liège-Rome puisque les cyclistes du Tour de France passent également par là. On dit déjà que certains envisageraient d'emmener leur vélo tant les voitures retenues, produites entre 1930 et 1960, pourraient souffrir...

Le menu du jour commencera par l'ascension du Mont-Revard. Certes, il ne culmine «qu'à» 1.537 m, mais il propose un dénivelé de 1.300 m sur un parcours d'environ 21 km! Au sommet, un panorama sur toute la chaîne du Mont-Blanc s'offre aux yeux. La descente permet de rejoindre la vallée de la Maurienne pour atteindre ensuite une succession de cols connus: celui du Télégraphe d'abord (1.570 m), du Galibier (2.649 m), du Lautaret (2.057 m), de l'Izoard (2.360 m) et de Vars (2.110 m) ensuite pour rejoindre enfin le plâteau de Chastillon (2.000 m) où se trouve la station d'Isola 2000...

Sans oublier, juste avant, en guise de dessert, ou plutôt de plat de résistance, le col de la Bonette! Rendu récemment carrossable au grand dam du col du Stelvio qui était jusqu'il y a peu la route goudronnée la plus haute d'Europe (2.757 m), le col de la Bonette est perché à 2.802 m d'altitude. De là, on aperçoit la cîme de la Bonette entourée de ravins vertigineux. Ce sera la première fois que le Liège-Rome empruntera ce col et découvrira cet endroit au sol très aride, sans bistrot, mais, surtout, ce sera une «première» quant à l'altitude. Il est d'ores et déjà évident qu'il faudra rouler sans forcer et disposer d'un moteur en pleine forme ainsi que d'un système de refroidissement bien préparé pour arriver au bout...

Affaire de cols

Si ce marathon de la route (nom qu'il prendra plus tard) qu'est le Liège-Rome-Liège est une histoire d'hommes et de machines (nous verrons cela dans 15 jours), sa réputation et sa légende viennent des multiples cols des Alpes et des Dolomites que les différentes éditions traverseront. Le Stelvio, le Gavia et le Vivione sont parmi les plus célèbres, notamment parce que c'est là que se jouait souvent la victoire, mais beaucoup d'autres ont participé à l'aura dont l'épreuve belge jouissait en Europe auprès des constructeurs. Le Mont-Cenis, Suze, le Lautaret, le Galibier, Pordoï, Predil, Saint-Jean, Xomo, Moistrocco, Allos, par exemple, étaient de redoutables terrains d'essai pour éprouver la fiabilité, l'endurance des voitures. La chaleur, l'altitude, le revêtement, la vitesse moyenne imposée, la régularité, autant d'éléments qui pouvaient, alors, faire ou défaire l'image d'une marque...

Du début des années trente au milieu des années soixante, les épreuves disputées sur routes ouvertes étaient nombreuses (le Tour de France Automobile, les Mille Miglia, la Panaméricaine, etc.), mais le Liège-Rome-Liège était considéré comme le plus dur, le plus vrai, le plus impitoyable pour les voitures de grand tourisme et de tourisme de l'époque: on roulait alors de Liège à Rome, puis de Rome à Liège, soit environ 5.000 km, d'une seule traite, sans pratiquement s'arrêter. Aujourd'hui, on ne fait «plus» que le trajet aller avec des étapes (pour dormir!) à Vittel, Aix-les-Bains, Isola 2000, Viareggio et Grosseto, mais les voitures ont pris quelques rides: en moyenne, elles ont entre 75 et 40 ans d'âge...


Véritable monument du sport automobile belge et européen, le rallye «Liège-Rome-Liège» était une fantastique aventure humaine et mécanique. Ce l'est encore aujourd'hui. Respecter une vitesse moyenne comprise entre 40 et 50 km/h sur les routes des Alpes, dans l'ascension comme dans la descente de quelques cols célèbres, exige toujours de la patience, de la concentration, du doigté et un équipage homogène. Comme au bon vieux temps!

But the Liege Rome Liege is an Adventure.

A true monument of motor sport, the Liege Rome Liege rally was a fantastic human and engineering adventure and still is today. Keeping to an average speed of between 45 and 50 k.p.h. on mountain roads, both when ascending and descending these famous high passes, demands patience, concentration, skill and harmonious teamwork.








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